jeudi 17 septembre 2009

Once I had a dream...

... le logiciel libre obligatoire à l'école!

J'ai assisté récemment à une rencontre intéressante. Plusieurs sujets y furent traités. Par contre, un sujet a dévié quelque peu et a mené le groupe sur des échanges concernant l'éthique informatique en classe, à l'école et dans les organisations scolaires.

Depuis une dizaine d'années maintenant, suite à un cheminement personnel, j'ai opté pour le logiciel libre dans mon travail professionnel et familial. Ce choix ne m'a pas toujours été aisé et il aurait été facile de "pencher du côté noir" de la force. Mais la persévérance, l'acharnement m'ont permis de progresser personnellement sur le point de vue du "contrôle" de mon environnement informatique.

Lors des échanges vécus dans la rencontre, j'ai mentionné à quelques reprises que, comme professionnels, formateurs intervenants nous étions des proteurs de valeurs et que l'image que nous projetons a beaucoup plus d'impact que nous pensons. Évidemment, le dilemne portait sur les logiciels utilisés et recommandés lors de certaines formations. Après quelques argumentations et échanges corsés, je me suis tu ne voulant pas envenimer le débat. On ne veut pas comprendre et accepter que les technologies ne sont pas neutres.

J'en suis rendu à me dire après maintes réflexions : pourquoi le logiciel libre n'est-il pas obligatoire dans toutes nos écoles?

Le logiciel libre est véhicule de démocratie, de partage, d'intelligence collective, de fraternité, d'ouverture et surtout d'apprentissage sur le monde informatique (la machine, les langages de programmation, le contrôle de son environnement, etc.). Richard Stallman mentionnait lors d'une conférence sur le pourquoi du le logiciel libre à l'école :

« ...Parce que les écoles ont une mission sociale, la mission d'éduquer la nouvelle génération comme de bons citoyens d'une société forte, capable, indépendante et solidaire, c'est-à-dire les éduquer à utiliser uniquement le logiciel libre. L'école doit enseigner uniquement le logiciel libre. »
Plusieurs composantes du système scolaire ont oublié leurs rôles et c'est d'autant plus vrais avec les intervenants en technologies de l'information. L'argument de départ est malheureusement pour plusieurs l'argument économique. Vrai. Il ne faut pas se fermer les yeux. Les composantes scolaires économiseraient beaucoup d'argent à utiliser le logiciel libre dans ses organisations. L'argument économique évident, quoi qu'important, n'a qu'une portée assez marginale. En effet, il est facile pour les développeurs de logiciels propriétaires d'éliminer cet inconvénient en donnant simplement des copies aux écoles. Mais il faut faire attention : une école qui accepte ce « cadeau » risque de devoir payer quelque part dans le temps... Un principe sous-tend le tout... «je te gratte le dos mais tu devras gratter le mien...»

Mais la réflexion doit aller au-delà de l'aspect économique... ce qui est en cause ici est «l'éthique et la morale» qui parfois deviennent assez extensibles pour certains quand une situation les favorisent. Malheureusement, ce sens éthique perd tout son sens à certains moments...

«L'école devrait enseigner aux élèves des comportements qui profiteront à la société toute entière. Elle devrait promouvoir l'utilisation des logiciels libres tout comme elle promeut le recyclage. Si l'école enseigne les logiciels libres aux élèves, il est fort probable que ceux-ci les utiliseront encore après la fin de leurs études. Cela pourra aider la société toute entière à échapper à la domination (et à la lamination) par les multinationales. Ces entreprises offrent des versions gratuites de logiciels aux écoles pour la même raison que des compagnies de tabac américaines distribuent des cigarettes gratuites : pour rendre les enfants dépendants. Ils ne feront pas de remises à ces élèves et étudiants après leurs études une fois qu'ils auront grandi.» (article original)
Quand nous conseillons des clients potentiels dans le réseau scolaire, il est primordial d'offrir plusieurs choix et d'expliquer les avantages et les inconvénients de chacun. Le client fait «son» choix selon ses attentes, ses besoins et surtout ses façons de faire. Le logiciel libre s'adapte rapidement aux besoins des clients car il est possible de l'étudier, de le modifier et de le redistribuer. Il y a là un potentiel pédagogique extraordinaire pour le milieu scolaire. Le logiciel propriétaire ne permet aucunement cela.

Malheureusement, plusieurs optent pour la facilité et préfèrent proposer «en mode consommateur» tel logiciel car «je les ai étudiés et c'est lui le meilleur»... a-t-on toujours besoin d'une Porsche pour se rendre du point A au point B? Cela dépend des moyens et des finalités provenant des besoins...

Le logiciel libre est accessible à tous sans discrimination économique et sociale. On oublie rapidement la portée des valeurs véhiculées par la stricte utilisation de logiciels propriétaires onéreux... qui sont parfois inaccessibles aux élèves... qui sont pas mal débrouillards et qui apprennent très rapidement à «pirater» le logiciel quelque part... car en passant télécharger de l'Internent ne veut pas dire automatique «acte de piratage» ce que les institutions confondent trop fréquemment... On apprend à nos jeunes à pirater et à ne pas respecter les droits d'auteur. Voilà une mauvaise utilisation des technologies. Voilà ce qui perpétue aussi la phobie des TIC à l'école...

Finalement, enseigner l'utilisation des logiciels libres aux élèves et prendre part à la communauté des logiciels libres est une forme d'éducation à la citoyenneté. Cela démontre aussi aux étudiants les avantages d'un modèle basé sur le service public. Les logiciels libres devraient être obligatoirement utilisés à tous les niveaux de l'école...

Afin de poursuivre votre réflexion...